Asie du Sud-Est / Récits de voyage

Ile de Sulawesi en Indonésie (1/3) : j’irai dormir dans une maison flottante

L’Indonésie est un pays qui compte plus de 13 000 îles… Après avoir découvert Sumatra, et notamment les coutumes des Indiens Mentawaï, je prends un avion le 8 octobre : direction Makassar, au sud de l’île de Sulawesi !

 

Un peu de culture… comme la confiture

Sulawesi est une grande île aux contours découpés, bordée de plages de sable et frangée de récifs coralliens où évoluent d’innombrables espèces de poissons. A l’intérieur des terres, des montagnes impénétrables et une jungle épaisse demeurent l’habitat privilégié d’une faune abondante, avec notamment des tarsiers nocturnes et des oiseaux aux couleurs flamboyantes. L’île est aussi réputée pour sa richesse culturelle et la diversité de sa population, longtemps demeurée coupée du reste du monde en raison du relief. (Source : Lonely planet)

 

En compagnie de mon chéri Jérôme qui arrive de France pour voyager deux mois avec moi, nous suivrons l’itinéraire classique des « backpackers » : après avoir profité de la bouillonnante Makassar, nous rejoindrons le Pays Toraja aux fameuses cérémonies funéraires puis les paisibles îles Togian, avant d’atteindre enfin Manado.

 

 

 

Balade en ville : découverte de Makassar

Quelques heures après moi, mon chéri Jérôme arrive à l’aéroport de Makassar. Il arrive de France, et il a passé quelques jours à Singapour pour s’habituer (ou non) à la chaleur Asiatique.

Nous passons quelques jours à Makassar, la ville n’a pas un grand intérêt à mes yeux, mais c’est un premier contact avec cette nouvelle île. Métropole multiculturelle et plaque tournante du commerce et du transport maritime, c’est la plus grande ville de l’île. La ville a joué un rôle majeur dans l’histoire de l’Indonésie. Avant l’arrivée des Néerlandais au XVIIème siècle, elle était la capitale du royaume makassar de Gowa. Bien plus tard, dans les années 50, c’est ici que se révoltèrent les Makassar et les Bugis contre le gouvernement indonésien central. Depuis les manifestations populaires contre la situation économique ou politique débutent invariablement ici.

Le tour en pousse-pousse est agréable et notre conducteur est souriant, malgré la difficulté visible à pousser en pédalant deux Européens, sous une chaleur étouffante.
Nous faisons un tour sur le port et le marché au poisson. La pêche est une activité phare ici, et l’on trouve de nombreux poissons différents, dans une odeur forcément… puissante.

 

 

Nous nous perdons volontairement dans les petites rues de la ville, afin d’observer la façon de vivre des habitants ; et visitons le fort Rotterdam, au centre de l’ancien quartier marchand, qui fut construit par les Néerlandais au 17ème siècle.

 

 

Niveau alimentation, nous testons les plats et saveurs locales.
Pour déjeuner, nous choisissons notre poisson dans le bac à glace, puis il est préparé pour nous au barbecue, et servi avec un assortiment de mets comme le veut la coutume Indonésienne.
Et pour le goûter, rien de tel qu’une noix de coco fraîche pour se sentir en Asie !
Ha, et il faut aussi que je vous parle de ce dessert improbable que j’ai voulu essayer… des petites bananes, pas vraiment mûres, cuites sur le barbecue, et servies avec un coulis de chocolat et… du fromage râpé… je vous avoue que j’ai eu du mal à finir !

 

 

En soirée, nous nous baladons au temporaire festival des 8F (Food / Film / Fashion / Fine art…) où toute la ville semble s’être déplacée !
Beaucoup de stands de « street food », ce qui nous permet de goûter des brochettes non identifiées pour moi, et très épicées pour Jérôme !
On trouve également de grands tableaux de peinture représentent les visages d’ethnies différentes, de l’artisanat, et une démonstration de « flyboard », pardon ESH en Français (Engin à Sustentation Hydropulsée)…

 

 

Lac Tempé, deux jours hors du temps dans une maison flottante

A défaut de bus, c’est en voiture-taxi que nous quittons Makassar pour rejoindre en quelques heures, une ville au bord du lac Tempé. Après négociation avec le patron d’une guesthouse, nous continuons notre trajet en pirogue à moteur jusqu’à atteindre un village flottant au milieu du lac !

Film sur notre arrivée en pirogue aux maisons flottantes !!!

Des maisons en matériaux naturels

C’est assez impressionnant de découvrir ces petites maisons, faites de bambou et de bois, avec un toit en tôle. Une maison = une famille composée des parents et d’un ou plusieurs enfants. Il y a une grande pièce sans meubles, une chambre séparée, une cuisine, une pièce pour le stockage des poissons et un espace à ciel ouvert pour le séchage des poissons.
Vous pouvez observer le papier peint sur les murs… refait il y a peu les nouvelles sont récentes 😉
On peut faire le tour de la maison en marchant sur le passage en bambou, ce n’est pas très confortable quand on marche pieds nus (oui car en Indonésie, il faut se déchausser dès qu’on entre à l’intérieur).
Et les toilettes… ? Ben, un simple trou dans le plancher !

Le tour de la maison flottante en vidéo, c’est ICI !

Des familles de pêcheurs

Les habitants sont tous pêcheurs bien sûr, et leur vie s’articule autour de cette activité : tôt le matin, ils partent pêcher avec des filets ou des casiers, puis vident les poissons et les étendent au soleil pour les faire sécher. Ils les ramassent en fin de journée, les trient par espèce et par taille, et les disposent en une consciencieuse spirale de quelques centaines de pièces, en préparation du marché de fin de semaine.

 

Lorsque le voisin vient aider à déplacer la maison

Les maisons flottent et tournent sur elles-mêmes au gré des vents et des courants du lac. Organisés en sorte de « villages » (il y a 7 maisons là où nous sommes), elles sont individuellement accrochées à un mat en bambou, qui est planté au fond du lac et qui permet à la maison d’être libre mais sans non plus se balader partout ! A cette période, il y a seulement 1 mètre de profondeur d’eau.

Près des maisons, les pêcheurs ont installé des treillis en bambous pour que les plantes aquatiques aient un support de pousse. Cela crée ainsi un habitat favorable pour les poissons. Parfois, les maisons et les plantes se rapprochent de trop… et donc, les habitants déplacent simplement leur maison !!! Ha ha ha 😉 C’est ce à quoi nous avons assisté : un voisin est venu, à pied, avec de l’eau jusqu’à la taille, aider à déplacer le mat en bambou et donc la maison qui y est reliée avec une grosse corde !

Film sur le déplacement de la maison flottante : ICI 

Et quand tu as envie de discuter avec ta voisine, çà donne çà… 🙂
Quand modernité et tradition font bon ménage…

 

100 poissons, 101 poissons, 102 poissons…

Nous passons deux nuits et une journée pleine sur cette maison flottante. C’est ici aménagé pour les touristes et nous avons notre propre chambre avec moustiquaire. Nous passons la première soirée en compagnie d’une famille de français.
Dans la journée, d’autres touristes vont et viennent, visiter, prendre quelques photos mais sans rester.
Nous aidons un peu pour le rangement des poissons, lézardons et jouons avec le petit garçon de la famille.

 

  

 

Film : j’aide à étaler les poissons !

 

De bon matin le deuxième jour, après un bon thé et de délicieux beignets à la banane, nous repartons en pirogue jusqu’à la ville, où nous attrapons un taxi collectif (voiture de 7 places) pour rejoindre Rantepao et le fameux Pays Toraja…

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